À quelques jours de l’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) de la Fédération Guinéenne de Football (FGF), prévue le 8 mai 2025, une vive polémique vient secouer l’instance dirigeante du football guinéen. Par un courrier au ton ferme, adressé au Secrétaire Général de la FGF, l’Association Sportive du Kaloum (ASK) s’insurge contre la tentative de révocation du président Aboubacar Sampil, dénonçant de multiples entorses aux statuts en vigueur.UNE PROCÉDURE JUGÉE IRRÉGULIÈRE ET PRÉCIPITÉE Au cœur de la contestation : l’absence de motivation formelle de la motion de révocation. Selon l’AS Kaloum, aucune justification claire n’a été communiquée aux membres affiliés, en violation manifeste de l’article 40.2 des statuts de la FGF. Celui-ci stipule que toute proposition de destitution doit être dûment motivée et notifiée en même temps que l’ordre du jour. Or, c’est via une simple note transmise par WhatsApp, le 2 mai 2025, que les membres auraient été informés — sans mention explicite de la personne visée, ni des motifs retenus.UN ORDRE DU JOUR FLOU ET UN DÉLAI NON RESPECTÉ Autre irrégularité pointée par le club de Kaloum : la convocation à l’AGO ne respecte pas les délais statutaires. L’article 30.4 impose une transmission dix jours francs avant la tenue de l’assemblée, accompagnée de tous les documents afférents. L’ordre du jour initial, daté du 28 avril, ne faisait état que d’une formulation évasive : « révocation d’une personne ou d’un organe (s’il y a lieu) ». Une rédaction que l’ASK juge délibérément ambiguë, occultant l’existence d’une procédure visant le président en exercice.UN VICE DE FORME LOURD DE CONSÉQUENCES Pour le club de la presqu’île, la tentative d’introduire une motion aussi lourde de conséquences à la dernière minute ne relève pas d’un simple manquement administratif, mais d’un grave déni de justice. En privant le président Sampil d’un temps raisonnable pour organiser sa défense, et en plaçant les membres devant le fait accompli, la démarche serait, selon l’ASK, entachée d’illégalité. À ce titre, elle rendrait toute décision adoptée sur cette base « nulle et non avenue », exposant la FGF à des recours juridiques.UN AVERTISSEMENT FERME ET UNE MISE EN en GARDE INSTITUTIONNELLE Derrière ce bras de fer, se dessinent des lignes de fracture profondes au sein de la gouvernance fédérale. L’AS Kaloum ne défend pas seulement un homme, mais invoque une exigence fondamentale : le respect strict des règles démocratiques et des principes de transparence. En soulignant ces « dysfonctionnements majeurs », le club appelle la Fédération à reconsidérer sa démarche, sous peine de plonger l’institution dans une crise de légitimité.À l’heure où la FGF cherche à redorer son blason sur la scène continentale, ce différend expose crûment les failles d’un système où les procédures semblent parfois reléguées au second plan. Le compte à rebours est enclenché : à la Fédération désormais de trancher entre le risque d’un passage en force ou le choix du droit et de la légitimité.






