La convocation de l’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) de la Fédération Guinéenne de Football (FGF), prévue pour le 8 mai 2025, suscite une vive controverse. En réponse aux accusations d’irrégularités soulevées par plusieurs membres statutaires et la Commission Électorale, le Secrétaire Général de la FGF a adressé un courrier défensif ce mardi 29 avril 2025. Mais ce document soulève plus de doutes qu’il n’apporte de réponses solides.DES DÉLAIS QUI POSENT PROBLÈMELe Secrétaire Général affirme que la convocation initiale, envoyée le 31 janvier pour une AGO prévue le 4 avril, reste valable malgré le report au 8 mai. Pourtant, en matière de gouvernance associative, un report de ce type nécessite obligatoirement une nouvelle convocation officielle, respectant un délai légal d’information.La lettre de report datée du 22 mars ne respecte pas les 60 jours de délai requis, et même le minimum de 30 jours prévu par les statuts est contesté. Une faille juridique évidente et une violence stricte des statuts.LA COMMISSION ÉLECTORALE ÉCARTÉE À TORT ?Le Secrétaire Général soutient que la Commission Électorale n’a aucune légitimité à se prononcer sur cette AGO puisqu’il n’y a pas d’élection en vue. Pourtant, l’article 7 du Code électoral de la FGF lui confère le pouvoir de veiller au respect des textes en toute circonstance, notamment lorsque l’ordre du jour touche des sujets sensibles comme la révocation du président.Autrement dit, la Commission Électorale peut et doit intervenir dès lors qu’il y a risque de violation des statuts, même hors période électorale.UNE CRISE DE CONFIANCE AU SOMMET DU FOOTBALL GUINÉENDerrière cette bataille statutaire, se cache une guerre de positionnement. Certains membres veulent remettre en cause la gestion actuelle de la Fédération, tandis que l’équipe dirigeante cherche à conserver le contrôle du calendrier et des règles du jeu.Ce courrier du Secrétaire Général tente de légitimer une AGO dont la régularité est discutable. Il minimise le rôle de la Commission Électorale, alors que cette dernière a un pouvoir de contrôle plus large que ce qu’il affirme.Cela montre une crise de gouvernance au sein de la FGF, où chacun interprète les textes selon ses intérêts. Pour éviter une crise plus grave ou une suspension, une intervention neutre (comme celle de la FIFA ou de la CAF) pourrait s’avérer nécessaire.
SÉKOU KOUTOUBOU KABA JOURNALISTE SPORTIF




