Le sport guinéen traverse une période de turbulences. Au cœur des critiques : le ministre des Sports, Kéamou Bogola Haba, dont la gestion suscite de vives inquiétudes au sein des fédérations, des athlètes et même du gouvernement.
Un ministre en désaccord avec son propre Premier ministre.
Des tensions internes au gouvernement, ont été signalées, notamment entre le ministre Haba et le Premier ministre Bah Oury, qui a publiquement fustigé la gestion des infrastructures sportives et exigé des explications sur l’utilisation des fonds alloués au secteur. Ce n’est pas tout !
Des fédérations sportives marginalisées et en conflit:
• Basketball : La Fédération Guinéenne de Basketball a dénoncé une tentative d’ingérence du ministre dans l’organisation de son congrès électif, en violation des règles internationales.
• Boxe : La Fédération est paralysée par une crise interne, sans intervention efficace du ministère.
Une série d’échecs préoccupants
• JO Paris 2024 : Le ministre aurait été accusé d’avoir inclus son épouse et son fils dans la délégation officielle, alors que plusieurs entraîneurs n’ont pas pu faire le déplacement. Les athlètes se sont retrouvés sans encadrement technique.
• Non-paiement des primes : De nombreux athlètes, toutes disciplines confondues, ont dénoncé le retard dans le versement de leurs primes, malgré les promesses du ministre. Ce manquement a affecté leur moral et leur performance.
Réactions d’athlètes : entre colère et désillusion.
Des sportifs guinéens ont exprimé leur frustration :
• Un judoka guinéen, sous couvert d’anonymat, a déclaré :
• « On nous parle de patriotisme, mais comment représenter dignement son pays quand on n’a même pas les moyens de s’entraîner correctement ? »
• Une nageuse olympique, pour sa part, a confié à la presse :
• « Nous sommes arrivés à Paris sans nos entraîneurs. C’est comme envoyer un soldat au front sans armes. »
• Un joueur du Syli local a affirmé :
• « On nous promet des primes, des équipements, mais à chaque fois, c’est le même scénario : rien ne vient. On se sent abandonnés. »
Un poste stratégique qui exige compétence et vision.
Le ministère des Sports n’est pas un poste secondaire. Il est au cœur de la jeunesse, de la cohésion sociale et du rayonnement international du pays. Il exige une vision claire, une capacité à fédérer, et une rigueur dans l’exécution des projets. Or, ces qualités semblent cruellement manquer à l’actuel titulaire.
En définitive, il est temps d’agir.
Le sport en Guinée ne peut continuer à être dirigé par l’improvisation, les conflits internes et les échecs répétés. Ce ministère mérite un leadership éclairé, capable de bâtir une politique sportive ambitieuse, inclusive et durable.
Le président Mamadi Doumbouya, qui a su incarner le renouveau dans plusieurs secteurs, doit désormais tourner son regard vers le sport. Il est urgent de nommer une personnalité compétente, expérimentée et respectée, capable de redonner confiance aux fédérations, aux athlètes et à toute une jeunesse en attente de perspectives.
Le sport guinéen mérite mieux. Il mérite un capitaine, pas un passager.







