Il aurait pu choisir le silence, le recul, la retenue. Mieux encore : il aurait pu capitaliser sur son tout récent statut d’Elhadj fraîchement revenu de La Mecque pour incarner sagesse, hauteur et réconciliation. Mais non. Séga Diallo, ancien vice-président du Comité de Normalisation (CONOR), a préféré ressortir les gants, les micros et les vieilles rancunes.
Dans une sortie dont lui seul a le secret, le désormais « Elhadj Séga » s’est livré à un exercice d’auto-dédouanement mêlé d’étranges éloges à ses anciens camarades de clan, ceux-là mêmes qui avaient transformé la gestion du football guinéen et même celle de l’équipe nationale en entreprise privée à direction multiple. Résultat : tapis rouge déroulé, mémoire courte activée, et objectif bien ficelé : dézinguer Bouba Sampil, l’ancien président révoqué de la FGF.
Mais là où le récit devient croustillant, c’est quand l’ex-VP du CONOR s’attaque au dossier Kaba Diawara, comme pour offrir une diversion bien huilée. Il dresse un tableau noir de la gestion de l’ancien sélectionneur par Sampil, feignant d’ignorer un détail de taille : le dossier est clos. Définitivement. La FIFA a tranché. Kaba Diawara, celui qui avait tenté de jouer la carte du “je ne suis pas guinéen mais français”, espérant au passage soutirer au pays une belle amende, est reparti avec ses illusions, pendant que la Guinée, elle, est passée à autre chose.
Mais Séga, lui, ne passe pas. Il ressasse, il pique, il esquive. Pourquoi ? Parce que Bouba Sampil a refusé de valider un deal trouble avec l’équipementier Puma, un contrat sur lequel l’ancien VP, dit-on, touchait quelques douceurs en douce. Ce serait donc là la vraie raison de cette vendetta déguisée en bilan.
On aurait pu espérer qu’après le Hadj, il se soit éloigné de ces pratiques d’un autre âge. Mais visiblement, le vol retour est arrivé plus vite que la purification spirituelle. Les vieilles habitudes ont la peau dure. Au lieu d’un examen de conscience, on a eu droit à un monologue à charge, entre règlements de comptes, omissions volontaires, et envolées calculées.
Alors oui, le nouveau Elhadj a parlé. Beaucoup. Trop peut-être. Mais à défaut d’avoir lavé son honneur, il a surtout mis en lumière ce qu’il aurait mieux valu taire : une série d’arrangements, de deals douteux, et une rancœur tenace.
Bref, le football guinéen mérite mieux que ce théâtre d’ombres où certains pèlerins semblent avoir oublié qu’un Hadj sincère commence par la repentance.







