Comme si ses propres chantiers en souffrance ne suffisaient pas, la Fédération Guinéenne de Football (FGF) s’est offert un nouveau coup d’éclat, digne d’un théâtre administratif : la nomination de directeurs au compte du sport scolaire, une structure pourtant indépendante de son giron.
Cette initiative pour le moins incongrue de M. Sory Doumbouya et son équipe s’apparente à un dérapage institutionnel flagrant. La Fédération Guinéenne de Sport Scolaire (Feguisco) dispose de ses propres textes, relève de la Fédération Africaine de Sport Scolaire et de l’Internationale (ISSF), tout comme la FGF obéit à la CAF et à la FIFA. En somme, les deux entités ne se chevauchent pas. Vouloir diriger l’une depuis l’autre est une aberration administrative qui frise la provocation.
Dans quel manuel de gouvernance sportive trouve-t-on la légitimité pour qu’une fédération se mêle des nominations d’une autre ? La réponse est simple : nulle part. Cet excès traduit un mépris flagrant des règles les plus élémentaires et une confusion des genres qui ne fait qu’accentuer le chaos institutionnel autour du football guinéen.
Au lieu de résoudre les problèmes criants qui gangrènent son propre domaine, compétitions nationales désorganisées, arbitrage en crise, administration en panne, la FGF semble préférer des coups d’éclat sans fondement. Cette manœuvre ressemble moins à une réforme qu’à une diversion maladroite, destinée à masquer les failles béantes de sa gestion.
De tels errements ne sont pas sans conséquence. Ils envoient aux partenaires et observateurs internationaux l’image d’une fédération plus prompte à s’illustrer par des décisions hors de propos que par des actions concrètes pour le développement du football. En un mot : un nouvel épisode d’une comédie administrative dont le football guinéen se serait bien passé.
Que la FGF se concentre sur ses missions premières, qu’elle cesse de jouer les donneurs d’ordres dans des domaines qui ne la concernent pas et qu’elle mette enfin de l’ordre dans ses propres rangs. Le public, lassé de ces polémiques inutiles, attend autre chose qu’un spectacle de gouvernance improvisée.
Une chose est claire : au lieu de redorer le blason du football guinéen, cette énième maladresse ne fait que renforcer la perception d’une fédération en roue libre, loin des priorités réelles et du respect des textes.







