Conakry, le 9 mai 2025 – Malgré des irrégularités préalablement dénoncées, des manquements administratifs patents et des violations juridiques flagrantes, l’Assemblée Générale Ordinaire de la Fédération Guinéenne de Football (FGF) s’est tenue ce jeudi 8 mai 2025 sous la supervision des émissaires de la FIFA, de la CAF et de l’UFOA. Une Assemblée qui, loin d’apaiser les tensions, a exacerbé les inquiétudes quant à la gouvernance du football national, déjà fragilisé par des crises récurrentes.
UNE DÉCISION ILLÉGALE : LA RÉHABILITATION CONTROVERSÉE ET du GÉNÉRAL MATHURIN BANGOURA
Parmi les actes les plus graves commis lors de cette assemblée figure la levée de la suspension du Général Mathurin Bangoura, ancien président de la Ligue Guinéenne de Football Professionnel (LGFP). Une décision d’autant plus surprenante que l’intéressé est toujours sous contrôle judiciaire pour détournement de fonds et fait l’objet de poursuites devant les tribunaux de Kaloum, Dixinn et le Tribunal de Commerce de Conakry.
Cette réhabilitation constitue une violation manifeste de l’Article 5, alinéa 2 du Code d’Éthique de la FIFA et de l’Article 36, alinéa 3 des Statuts de la FGF, qui interdisent toute ingérence dans des procédures judiciaires en cours. Pire encore, l’Assemblée Générale a pris le risque de remettre en cause une décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), pourtant définitive, qui avait statué que Mathurin Bangoura ne disposait plus d’aucun pouvoir légal pour agir au nom de la LGFP.
Le TAS, dans son arrêt, s’était appuyé sur le droit guinéen, notamment :
– Le Code civil de la République de Guinée ;
– La loi L/2005/013/AN fixant le régime des associations ;
– L’arrêté n° 3387/M.I.S./CAB/Sacco/2007 portant application de cette loi.
Or, ces textes exigent qu’une association, pour ester en justice, ait préalablement déposé ses statuts, son règlement intérieur et son procès-verbal d’Assemblée constitutive auprès des autorités compétentes, une condition que la LGFP n’a jamais remplie. En ignorant cette jurisprudence, la FGF s’expose à de lourdes sanctions internationales.
UN DÉNI DE DÉMOCRATIE : LE SILENCE IMPOSÉ À l’AS KALOUM
Autre manquement grave observé lors de cette assemblée : le refus catégorique du Secrétaire Général de la FGF d’accorder la parole à la représentante de l’AS Kaloum, et ce, sous le regard impassible des observateurs de la FIFA. Une exclusion d’autant plus inacceptable que le club, membre statutaire de la Fédération, avait légitimement droit à s’exprimer. Alors que plusieurs délégués présents dans la salle ont pu s’exprimer librement, la représentante de l’’AS Kaloum, pourtant membre statutaire de la FGF. Pire encore, elle a été expulsée manu militari de la salle, sous le regard passif des observateurs internationaux.
Ce traitement discriminatoire, en plus de violer les principes fondamentaux de transparence et d’équité, constitue une entorse flagrante aux statuts de la FGF, qui garantissent à chaque membre le droit de participation et d’expression. Une telle pratique rappelle malheureusement les méthodes autoritaires qui ont longtemps entaché la gestion du football guinéen.
QUELLES CONSÉQUENCES POUR LE FOOTBALL GUINÉEN ?
En prenant le risque de braver les règles éthiques et statutaires, la FGF s’expose à des sanctions sévères, pouvant aller jusqu’à une suspension par la FIFA. Une telle mesure plongerait le football guinéen dans un isolement catastrophique, avec des conséquences directes sur les compétitions nationales et la participation des clubs et sélections aux tournois internationaux.
Alors que la Guinée tente péniblement de restaurer une image footballistique mise à mal par des années de gestion controversée, cette Assemblée Générale aura été l’occasion manquée d’un nouveau départ. Reste à savoir si les instances dirigeantes du football mondial fermeront les yeux sur ces dérives ou si, au contraire, elles décideront d’intervenir pour éviter un naufrage annoncé.







