La Fédération Guinéenne de Football (FGF) traverse une crise sans précédent, révélant des pratiques opaques et une gouvernance défaillante qui menacent l’avenir du football guinéen. La récente trêve internationale au Maroc a exposé au grand jour les dérives d’une institution censée incarner l’excellence sportive.
Une Humiliation Publique pour le Syli National
Lors des matchs amicaux contre le Liberia et le Niger, la sélection guinéenne a été retenue dans son hôtel, bagages confisqués et cartes de chambres bloquées. Motif : près d’un million de dollars de factures impayées envers la société Sport Edge, chargée de l’organisation logistique.
« Une scène ubuesque qui s’est réglée en quelques heures grâce à des appels et des interventions tierces », rapporte Sport News Africa.
Contrats Opaques et Réseaux d’Influence
Sport Edge, société influente en Afrique, avance des fonds pour les équipes nationales. Mais comment expliquer qu’une fédération exsangue accumule une telle dette ?
« Fort de son lobbying et de méthodes attirant certains dirigeants, Sport Edge a signé un contrat avec la FGF du temps de Bouba Sampil », écrit Romain Molina.
Ces pratiques soulèvent des interrogations sur la transparence des accords et les intérêts personnels en jeu.
Un Président Isolé et une Gouvernance Paralysée
Sory Doumbouya, censé incarner le renouveau, se retrouve aujourd’hui isolé et critiqué pour son incompétence. À la tête de la FGF sans réelle connaissance de la gestion du football, il est accusé de mener une guerre interne contre les plus méritants.
« Si tu n’es pas censé truquer les résultats, ils ne sont pas contents », dénonce un ancien responsable arbitral, illustrant la culture de favoritisme au sein de la FGF, orchestrée par Sory Doumbouya et son vice-président Mamadou Barry.
Pendant ce temps :
• Primes des joueurs impayées
• Salaires du sélectionneur Paulo Duarte et de son staff bloqués depuis trois mois
• Retards sur les salaires du personnel administratif
• Modifications du calendrier du championnat au profit des clubs liés aux membres du Comex
• Un secrétaire général (Blasco Barry) accusé de divulguer des informations à la presse par vengeance
• Des membres du comité exécutif (Hann, Arsène, Macka) décrits comme novices, voire corrompus
Hann est même cité comme « un bandit à col blanc », impliqué dans des détournements au ministère de l’Environnement.
Révocation de Bouba Sampil : Une Manœuvre Politique ?
Officiellement révoqué pour des motifs administratifs, Bouba Sampil aurait en réalité été écarté pour des raisons financières. Rigoureux dans la gestion, il gênait certains intérêts. Aujourd’hui, Mamadou Barry chercherait à renverser Sory Doumbouya avec le soutien de Blasco Barry, accentuant la guerre interne.
Appel à la Mobilisation
Un appel est lancé aux gouvernants et aux membres statutaires pour organiser des élections anticipées afin de mettre fin à la dérive actuelle. Sans une réforme urgente, le football guinéen risque de sombrer définitivement.
Quelles Implications pour la CAF et la FIFA ?
La crise guinéenne pose des questions majeures pour la gouvernance du football africain et mondial :
• CAF : déjà interpellée par des réclamations jugées « mal fondées » de la FGF, elle doit désormais garantir la transparence et la bonne gouvernance.
• FIFA : après avoir supervisé la révocation de Bouba Sampil en mai, elle a exhorté la FGF à « laisser les crises derrière elle ». Mais ces recommandations semblent rester lettre morte.
• Risque de sanctions : si la situation perdure, la FIFA pourrait imposer un Comité de Normalisation, comme dans d’autres pays africains







